100kms/Récits de course

100km de Millau – 29 septembre 2018

Longer le Tarn, monter la côte de Peyreleau, passer sous le Viaduc, escalader Tiergues, descendre vers Saint-Affrique, grimper de nouveau Tiergues puis le Viaduc et franchir la ligne d’arrivée dans le Parc de la Victoire. Depuis 13 semaines, j’ai en tête chacune de ces images. La préparation se termine et je me sens prêt. L’analyse des dernières séances indique que je suis au même niveau qu’en 2015, année de mon record personnel en 10h37’52. J’espérais un peu mieux mais c’est ainsi. Là n’est pas l’essentiel. Il me tarde surtout de retrouver ce peloton de centbornards et de me confronter à mes émotions sur cette distance que j’affectionne tout particulièrement, à Millau.

Samedi 29 septembre, jour J. Le réveil sonne à 7h et la routine d’avant-course se met en place. J’ai la chance de la partager avec Franck, mon ami d’enfance, qui va m’accompagner à vélo toute cette journée. La météo est parfaite, pour le moment. Mais les températures élevées prévues pour l’après-midi annoncent de la casse. Il faudra être vigilant sur l’hydratation ! En revanche, cela promet une vue magnifique sur les paysages escarpés de l’Aveyron.

9h30. Francky part en direction d’Aguessac, village situé au 7ème km du parcours et point de rencontre entre coureurs et accompagnateurs. Quant à moi, je retrouve Eric aka Lgg, ami de la Team Marathon Connection avec lequel je vais courir quelques kilomètres. La fanfare millavoise rythme le lancement des opérations. Nous y sommes ! 10h, le départ est donné.

  • Du km 0 au 25km – Temps de passage : 2h18’56 – 5’33/km – 165ème

Je me cale de suite à mon allure cible sur cette première boucle « Millau – Le Rozier – Millau », laquelle prévoit un passage au marathon en 3h57. Nous recevons de nombreux encouragements sur l’avenue Jean Jaurès. La ville est en fête et respire le cent bornes. Je profite pleinement de cette ambiance tout en restant concentré sur ces premiers efforts. Eric et moi sommes chacun dans notre rythme et perdons assez rapidement le contact.

Après 40 minutes, je retrouve Francky à Aguessac, sur le flanc gauche de la chaussée. Premier ravitaillement, tout va pour le mieux. Nous avalons les kilomètres le long du Tarn et arrivons déjà à mon passage préféré du parcours situé au semi-marathon : la côte de Peyreleau. Il s’agit d’une petite montée en lacets avec une vue imprenable sur les falaises de la région. A consommer sans modération ! Quelques minutes plus tard, nous parvenons au premier pointage officiel, après 25 km et 2h18’56 de course. 165ème.

  • Du 25km au marathon – Temps de passage : 3h57’25 – 5’37/km – 121ème

J’échange quelques mots avec Patrick, une figure emblématique des 100 km avant de poursuivre ma route vers Millau. Le tracé est légèrement accidenté jusqu’au 30ème km puis une longue descente nous permet de recharger les batteries. Je me sens très frais et je dois gérer un premier cycle d’euphorie. Le soleil commence à taper fort. Franck me donne tout ce dont j’ai besoin. Quel luxe! Nous déroulons ainsi jusqu’au deuxième pointage officiel situé dans le Parc de la Victoire. Marathon en 3h57’25, la première boucle est bouclée. 121ème.

  • Du marathon au 71km – Temps de passage : 6h58’36 – 5’53/km – 62ème

Nous sommes pile dans les temps. Je ne m’attarde pas dans la salle des fêtes du Parc et laisse les marathoniens à leur joie d’en avoir terminé. Leur bière est bien méritée ! Mais pour moi, ce passage marque le début des festivités. Je reste donc dans ma bulle et pars à l’assaut du Viaduc, privilège réservé aux centbornards.

Cette première montée de 3 kms vers sa majesté est assez raide. Je décide de la passer comme en 2015, en alternant marche et course. Tactique payante, les 3 kms sont parcourus en moins de 21’, sans être entamé. La descente conduisant à St Georges de Luzençon nous permet de relancer la machine et d’arriver facilement au ravitaillement du 53ème km, auquel j’ai prévu de manger salé. Mais là, ça ne passe pas. Impossible de m’alimenter en solides, que ce soit salé ou sucré. Je me serais bien passé de cette déconvenue mais je dois avancer et, surtout, ne pas cogiter. Au contraire de mon ravito, le programme qui nous attend est copieux : 7 kms de faux-plat montant puis 3,5 kms de côte pour atteindre les 600m d’altitude, à Tiergues.

C’est chaud, dans tous les sens du terme. En regardant ma montre, je prends un premier coup au moral. Dans cette montée, je suis contraint de piocher dans mes réserves pour rester dans mon objectif du jour, à savoir un chrono de 10h15. C’est trop tôt dans la course ! Je rassure Francky en lui disant que je gère mais il sait bien que la réalité est légèrement différente…

L’accès au sommet est un soulagement. Virage à gauche et place à une longue descente de 7 kms jusqu’à Saint-Affrique. Les jambes retrouvent le rythme et je continue de reprendre bon nombre de coureurs, et ce depuis le marathon. L’arrivée à St-Aff’ marque le pointage du 71ème km, en 6h58’36. 62ème.

  • Du 71km au 100km – Arrivée: 10h37’48 – 6’22/km – 79ème

Retour à la maison, par la même route. La vertigineuse descente précédente se transforme en redoutable ascension, point d’orgue de ce parcours. Heureusement, les encouragements sont nombreux entre coureurs/accompagnateurs de part et d’autre de la chaussée. Je m’inquiète de ne pas croiser Eric alors que j’entame la remontée vers Tiergues. J’apprendrai plus tard qu’il a été contraint à l’abandon suite à un début de sciatique. Sage décision, mon pote. Ce n’est que partie remise. J’ai en revanche le plaisir de saluer Philippe, le Pinkrunner tout de noir vêtu.

Francky et moi atteignons de nouveau le point culminant du tracé en 8h05. Plus qu’un semi à nous farcir et nous en aurons terminé. Je suis maintenant très entamé et peine à trouver du rythme. Les minutes défilent et le record s’éloigne. J’attendais pourtant ce moment avec impatience. L’envie de combattre est bien présente mais je n’ai plus de jus. Affaibli par mes problèmes d’alimentation, je lutte pour avancer. Le meneur d’allure 10h30 nous reprend alors qu’il reste une douzaine de kilomètres. Il est seul et je suis incapable de le suivre. Ca va trop vite ! Franck m’encourage comme il peut. La dernière montée vers le Viaduc est un calvaire mais je tente de ne rien lâcher et relance même dans l’ultime descente. Dans les derniers hectomètres, je donne tout car le record se joue à la seconde près. Ligne droite finale dans le Parc de la Victoire. Francky pose le vélo et vient à mes côtés pour franchir ensemble la ligne d’arrivée. 10h37’48. 79ème.

Le bilan

Place au général : 79 / 1306 (1017 arrivants)

Place catégorie M1H : 34 / 305

Allure moyenne : 6’22/km

Vitesse moyenne : 9,4 km/h

Je suis vidé, presque sans émotion. En fait, je ne sais pas. Je ne sais rien. Je reprends mes esprits et embrasse mon ami à qui je dois tant. Puis c’est Lgg qui apparaît. Je m’effondre sur une chaise et réalise tout doucement où je me trouve. Ma chère et tendre me félicite au téléphone pour ma 79ème place. 79ème ? Quoi ? Non, c’est sûrement une erreur. Mais si ! Je peine à y croire. Je regarde le chrono : record battu pour 4 secondes. H E U R E U X.

Merci à tous pour vos encouragements, aux millavois pour votre engagement, à Francky pour ton amitié et à ma famille sans qui je ne suis rien. Millau, à l’année prochaine…

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2 réflexions sur “100km de Millau – 29 septembre 2018

  1. Comme d’habitude, très beau compte-rendu. Belle performance et je pense que tu as dû « t’arracher » sur le dernier kilomètre pour gagner ces quatre petites secondes. Encore bravo !!!

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