Marathons/Récits de course

Marathon de Paris – 8 avril 2018

Je cours donc je suis

Je n’ai raté aucune édition du marathon de Paris depuis 2010, à l’exception de 2017 où j’ai privilégié l’EcoTrail de Paris 80 km comme objectif du 1er trimestre annuel. Je suis donc très heureux à l’idée de revenir fouler le bitume parisien sur la distance reine. Motivation supplémentaire : je participe à l’épreuve sous les couleurs de l’IUT Paris Descartes. En effet, l’Institut fête cette année ses 50 ans. A cette occasion, nous avons constitué une équipe de 7 participants ainsi qu’une « fan zone » devant le bâtiment situé peu après le 31ème km du parcours. L’IUT Paris Descartes sur le tracé du MdP… Je cours donc je suis aurait pu dire René !

La préparation s’est bien déroulée. Je ne suis certes pas au niveau de mon record personnel (3h10) mais j’ai réussi à descendre l’allure cible de 4’41 à 4’34/km au cours du plan sur 8 semaines. Sachant que cette donnée sort de ma montre GPS et que l’on peut systématiquement observer un décalage d’environ 5’’/km avec le temps réel le jour d’un marathon (écarts par rapport à la ligne bleue (ou verte) provoqués par les passages aux ravitaillements, les doublements…), je fixe à J-7 l’objectif final à 3h15, 3h19 maximum. Au-delà, le résultat serait décevant.

  • Le jour J

Dimanche 8 avril, 4h45. Réveil très matinal et serein. La routine se met en place au saut du lit : contrôle de la météo, douche, p’tit déj, pause(s) technique(s) et dernières vérifications du sac et de la tenue préparés la veille. J’aime particulièrement ces heures qui précèdent une course, au cours desquelles j’ai toujours conscience de la chance que j’ai de vivre ces moments.

6h00, départ en direction du métro. J’arrive vers 7h15 à la station Victor Hugo et me dirige vers les consignes, avenue Foch. De nombreux participants sont déjà présents et prêts à en découdre. Dépose du sac et direction les Champs-Élysées pour rejoindre mon sas de départ. Nous y sommes enfin, place à la course !

– 0-5km : 23’14 (4’39/km)

8h34, départ de notre sas 3h15, sur la droite de la chaussée. Je profite du faux-plat descendant puis de la rue Rivoli pour adopter de suite l’allure travaillée à l’entraînement. Je laisse filer une grande partie du peloton en sortant le frein à main. Bastille est déjà en vue et tous les indicateurs sont au vert. Passage au 5K : 23’14.

– 6-10km : 23’20 (4’40/km)

Rue de Reuilly, 1er coup de cul. Je décide de le passer en maintenant le rythme. Je réduis la foulée, accélère légèrement la cadence sans avoir à m’employer. C’est plutôt bon signe mais je reste vigilant. Ce n’est que le début de l’épreuve et je sais à quel point ce parcours est piégeux. Viennent ensuite une légère descente puis la remontée sur l’avenue Daumesnil qui nous conduit tout droit vers le Bois de Vincennes, l’un de mes habituels terrains de jeu. Passage au 10K : 46’34.

– 11-15km : 23’07 (4’38/km)

Malgré une connaissance parfaite du terrain, j’éprouve quelques difficultés à rester dans la cible. Je suis un poil rapide et m’oblige à regarder régulièrement ma montre pour ne pas trop déborder. Nous n’en sommes qu’au premier tiers et, s’il n’y a rien à gagner pour le moment, on peut en revanche déjà tout perdre par abus de confiance ! Passage au 15K : 1H09’41.

– 16-semi : 27’54 (4’34/km)

Mon ami Pathé m’attend avenue de Gravelle. Marathonien aguerri, il a prévu de m’accompagner jusqu’aux abords du Bois de Boulogne. Amitié, courage, entraide et prospérité mutuelle. Telles sont les valeurs empruntées au code moral du judo par la Team Marathon Connection à laquelle nous appartenons tous les deux et que nous ne manquons pas d’appliquer à la moindre occasion. C’est donc armé d’un moral au beau fixe que je déroule en sa compagnie le billard de Gravelle, portion la plus roulante du tracé. Passage au semi-marathon: 1h37’35.

– semi-25km : 18’06 (4’39/km)

Crédit photo: Pathé

Sur les bases de 3h15’10 au passage au semi, je sais que le plus dur m’attend pour atteindre ma prévision haute. Et l’arrivée sur les quais de Seine annonce le début des festivités avec relances et tunnels à répétition. C’est généralement à cet endroit que les coureurs partis trop vite commencent à payer cher leur surrégime. Franck, parti après moi, vient de nous rejoindre et nous profitons tous les trois des nombreux encouragements des spectateurs. La chaleur est, elle aussi, bien présente et je veille à ne rater aucun ravitaillement. Passage au 25K : 1H55’41.

– 26-30km : 22’47 (4’34/km)

Nous entrons dans le plus long tunnel du parcours. La thématique du jour est proposée par le musée du Quai Branly. Ambiance « Enfer et fantômes d’Asie » dont l’exposition commence ce 10 avril. La volonté d’animer ces tronçons est à souligner. Mais j’avoue passer à côté et préfère rester concentré sur mon effort. D’autant que nous arrivons à la fin du second tiers de la course et que l’heure est venue d’accélérer gentiment l’allure. Passage au 30K : 2H18’28.

– 31-35km : 22’34 (4’31/km)

Pas de mur à l’horizon. La remontée dans le XVIème arrondissement n’atténue pas mon changement de rythme. Je me sens bien et ne subis pas la chaleur croissante grâce notamment à Pathé qui m’arrose à chaque ravitaillement. Avenue de Versailles, nous y sommes. L’IUT ! Les supporters sont là, agitant leurs foulards sous la banderole conçue pour l’événement et sur le son de la playlist choisie par les étudiants. Le meilleur des carburants avant d’entrer dans le Bois de Boulogne pour l’assaut final. Merci pour cette belle organisation ! Passage au 35K : 2H41’02.

– 36-arrivée : 34’47 (4’51/km)

Pathé met le clignotant. Je remercie mon ami pour ce nouveau moment de partage vécu ensemble et rentre aussitôt dans ma bulle. Ca y est, je suis dans le dur. La réalité du marathon prend maintenant tout son sens. Je lutte dans un premier temps pour maintenir la vitesse puis décline aux abords de la fondation Louis Vuitton. Encore 3 kms à tenir et le seul défi que je puisse relever est de rester sous les 5’/km. Sortie du bois puis dernière ligne droite, avenue Foch. Je retrouve un semblant de foulée et lance le sprint final. Je lève les yeux au ciel et bippe une dernière fois sur la ligne d’arrivée. Temps final : 3H15’49.

  • Le bilan

Place au général : 2525 / 42272

Place catégorie VH1 : 815 / 10664

Allure moyenne : 4’39/km

Vitesse moyenne : 12,93 km/h

Positive split : +39’’ (1er semi : 1h37’35 / 2ème semi : 1h38’14)

4’39/km en allure moyenne, 4’34 à ma montre pour une distance de 42,8 km, pile dans mes prévisions hautes fixées avant la course. Objectif atteint alors que je suis tout de même à 5’ de mon record. Peu importe, il faut savoir rester humble et tenir compte de son niveau du moment. Je suis simplement heureux et fier de récupérer cette médaille symbolisant une réussite personnelle.

Marathon de Paris 2018, clap de fin. Nul doute que j’y reviendrai, encore et encore… Je remercie mes amis pour leurs encouragements : Pathé, Francky le tigre, Roulio, Butchy, Aline, Mano, Sandrine, Saïd, Guillaume et tous les autres. J’ai également une grosse pensée pour mes collègues enseignants-chercheurs, administratifs, techniques, étudiants qui ont composé notre équipe et qui ont tous obtenu le statut de finisher ainsi que celles et ceux qui ont fait en sorte que le marathon de Paris puisse être l’un des événements pour fêter les 50 ans de l’Institut. Nous avons tous écrit une belle page de notre livre de souvenirs.

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3 réflexions sur “Marathon de Paris – 8 avril 2018

  1. Pingback: Bilan sportif 2017 et objectifs 2018 | maCAPdam

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