Récits de course/Trails

The Trail Sens – 60 km – 7 mai 2016

Capture d’écran 2016-04-10 à 19.23.16Et si on parlait trail pour une fois. Oui, je sais, c’est inhabituel de ma part. Une première même ! Depuis que mes chevilles me laissent tranquille, l’idée de participer à une course nature me titille sérieusement. Reste à trouver le bon format et caser ce dépucelage dans mon agenda. Et puisqu’en mai, on peut selon l’adage faire ce que bon nous semble, l’événement est tout trouvé : The Trail Sens, ensemble d’épreuves de 10 à 110 km dans les vallons de l’Yonne. Mes amis m’en ont dit le plus grand bien et la distance du 60 km (environ 1450m de dénivelé positif) me semble parfaite pour une première expérience en ultra trail.

IMG_3851J’arrive donc à Sens ce samedi 7 mai à 11h. Le départ étant prévu à 15h, j’ai largement le temps pour récupérer mon dossard et me préparer. Il fait beau et je profite de l’endroit tout en me dirigeant vers le marché couvert en face de la cathédrale où nous attend le précieux sésame. Une fois ce dernier récupéré, je me pose dans un coin du marché, sors toutes mes affaires et commence à m’alimenter. Je m’imprègne de l’ambiance parmi les bénévoles et les coureurs arrivant les uns après les autres. J’adore ces moments d’avant course au cours desquels la pression monte au rythme des minutes qui défilent. 14h, j’enfile la tenue de combat et vérifie une dernière fois mon sac. Ca y est, je suis fin prêt. En me dirigeant vers l’arche au pied de la cathédrale, je salue les amis présents : Martine, Carole, Marc et Harry, animateur de l’épreuve.

A quelques minutes du départ, je me sens pour tout dire vraiment moyen. Le soleil tape fort et la migraine n’est pas loin. Ca craint ! Deux traileurs échangent sur des passages en « single ». Quoi, faut être célibataire pour ces portions du parcours ?! Mais non, il s’agit simplement de chemins étroits sur lesquels il est très difficile de doubler. OK, l’apprentissage commence…

13217217_913551378756756_5817587351834892015_o15h, coup de feu libérateur pour les participants du 40, 60, 90 et 110 km. Il s’agit en fait d’un départ fictif puisque le chrono n’est pas lancé. Nous sortons à petites foulées du centre ville pour rejoindre le Pont d’Yonne où le départ réel est donné. A peine 2 km de parcourus et une première côte nous est proposée. C’est parti pour la succession de montées et de descentes sur près des 58 bornes, à travers les champs de colza et les sous-bois. Ma stratégie est simple pour le D+ : la marche, et ce dès le début de course. Je reste pour l’heure très prudent d’autant plus que mes maux de tête sont toujours présents. Au fil des kilomètres, les choses évoluent heureusement dans le bon sens. L’effet trail ! J’ai trouvé un petit groupe de 3, 4 coureurs avançant peu ou prou au même rythme que moi. C’est assez marrant de voir comment certains prennent quelques longueurs d’avance dans les montées pendant que les autres les rattrapent dans les descentes. Chacun sa préférence mais au final, nous restons assez proches alors que nous arrivons au premier ravitaillement à Marsangy au km 14 après 1h25 d’effort. J’avais envisagé avant la course de courir en autonomie complète et de ne pas m’arrêter aux ravitos. Je m’étais ensuite ravisé et je pense avoir bien fait. Mon sac est du coup moins lourd et ce petit temps de pause est très profitable. Quelques mots avec des bénévoles tous plus sympathiques les uns que les autres et je repars en me disant que je vais considérer les 3 derniers postes de ravitaillement comme cibles intermédiaires à atteindre.

13227293_913553375423223_8282344543273112829_oLe premier pointage est réalisé à Chaumot, au km 22 où les coureurs du 40 km remontent vers Sens pendant que les autres abordent une nouvelle boucle. J’y arrive en 2h17’24 en 15ème position selon le classement général d’après course. Je n’ai pas l’information à ce moment mais j’observe qu’il y a moins de monde autour de moi, d’autant plus qu’il ne reste maintenant que les participants du 60, 90 et 110 km sur cette portion. Dans mes champs de colza, esseulé, j’ai parfois l’impression d’être perdu. Mais le balisage est très bien fait et cette crainte s’estompe très vite. La boucle de Chaumot est bien avalée et c’est au tour des coureurs du 60 km d’entamer leur remontée vers Sens. Je passe au dernier pointage du km 37 en 4h07’07, en 8ème position. Et là, je connais ma position. J’ai effectivement doublé plusieurs participants et certains m’ont informé de leur classement. Je n’en crois pas mes hoka. Certes, je n’ai fait que des pauses très rapides aux 2ème et 3ème ravitos et j’ai réussi jusqu’à présent à quasi maintenir mon rythme de départ, mais quand même… Quelle surprise ! Les jambes sont dures, les muscles à la limite des crampes mais le mental n’est pas affecté. Je prends un véritable plaisir à courir dans ces conditions. Et cette perspective de finir bien classé me fait l’effet d’un gel coup de fouet.

Remontée vers Sens, je reprends des participants inscrits sur le 40 km dont Martine, toujours souriante, avec laquelle j’échange quelques mots. La luminosité diminue et il fait maintenant un peu moins lourd. Au dernier ravito, à Collemiers, km 51, je sors ma veste coupe vent. Il est 20h45. Une très gentille bénévole m’aide à remplir ma poche à eau de St Yorre (je suis à sec depuis 30’). Dernière ligne droite et je cours toujours, sauf dans les montées ! Je suis très encouragé par les spectateurs présents et les collègues que je double. Alors que je pense en avoir fini avec les difficultés, je suis à deux doigts de louper au 57ème km un virage à gauche à 90° pour emprunter, dans un sous-bois, un petit passage technique qui m’oblige à sortir la frontale. Retour sur le Chemin du Port longeant l’Yonne. Cette fois, la fin est proche. J’entends la voix d’Harry portée par son micro. Entré dans le Stade de la Convention, dans les 200 derniers mètres, Bruno (qui terminera 1er V2) me double. Je lance le sprint pour récupérer ma place et franchis la ligne d’arrivée en 6h46’13.

  • Le bilan

Place au général : 7 / 85

Place catégorie V1H : 3 / 19

Allure moyenne : 6’51/km

Vitesse moyenne : 8,74 km/h

Médaille 35- The Trail Sens 2016Je salue chaleureusement Bruno puis je suis accueilli par Harry pour quelques mots au micro. « 7ème au général et 3ème V1. Podium dans 20 minutes » me dit-il. Non, sérieux ? Quel bonheur… Non seulement j’ai pris un plaisir fou à participer à ce trail mais, cerise sur le gâteau caillou sur le chemin, je vais monter sur la boîte. La journée est réussie. Et effectivement, quelques minutes plus tard, médaille de bronze autour du cou, je pose fièrement aux côtés de Michel (6h15’23) et Fabien (6h31’40).

IMG_3859Cette escapade sur les sentiers de l’Yonne est une réussite personnelle à plus d’un titre. Au-delà de ce podium qui flatte l’égo, cette course confirme mon goût pour l’effort long. J’aime ce qu’il se passe dans le corps et la tête dès lors que la distance du marathon est passée. Pour ce qui concerne le trail, et bien j’ai adoré. Il va falloir intégrer cette nouvelle donnée dans le futur et trouver de nouveaux RDV.

Enfin, je remercie les organisateurs de The Trail et les bénévoles sans qui rien ne serait possible. Merci à ma famille de me laisser la liberté de courir, parfois beaucoup, et ainsi trouver ce que je recherche dans la pratique de cette passion.

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3 réflexions sur “The Trail Sens – 60 km – 7 mai 2016

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