Marathons/Récits de course

Marathon de La Rochelle – 24 novembre 2013

25- Marathon de la Rochelle 2013Le choix de mon marathon automnal en 2013 s’est révélé comme une évidence. Avec l’annulation du marathon de Vincennes, je me suis décidé à sortir un peu de la région parisienne pour aller courir dans une ville chère à mon cœur, la Rochelle. Ma famille n’est pas loin et, cerise sur le gâteau, je ne suis pas le seul membre de la Team Marathon Connection à débarquer au Vieux Port. Laurent, Stéph et Dare (en duo avec Hélène) sont également inscrits sur les 42,195 km. Roulio, grippé, ne peut finalement participer au 10K. Gianny, quant à lui, doit renoncer au dernier moment suite à une blessure au pied contractée lors de la prépa’. De nombreux autres ami(e)s sont présents eux aussi, comme Monique, Bernard, Séb, Math’… Bref de quoi annoncer un excellent week-end capesque.

  • L’avant course

IMG_0076503 km en 43 heures à allures variées depuis huit semaines, à raison de quatre sorties hebdomadaires selon un plan de Gérard Martin. Voilà le programme suivi pour arriver prêt et au pic de forme le jour J. L’objectif est clair : entre 3h10 et 3h13. Pas une seconde de plus ! J’aime bien cette notion de cible haute et de cible basse, sachant que j’ai travaillé une AS42 (allure estimée sur marathon) à 4’30/km. Elle m’aide à déterminer ma stratégie de course et donne confiance. Je prévois un départ prudent (jusqu’à 4’34/km) puis une stabilité à 4’30 jusqu’au 30ème km. Ensuite, j’espère pouvoir accélérer doucement mais sûrement pour aller vers la « victoire » au pied de la Tour St Nicolas.

J’ai guetté au cours de ces deux mois le moindre signe d’usure ou de surentrainement, lequel m’aurait notamment alerté sur des mauvais choix d’allures. Mais à chaque fois qu’une séance se terminait, j’attendais la suivante avec impatience.

Laurent, Renaud et Bernard

Laurent, Renaud et Bernard

C’est donc en forme, avec confiance et humilité devant l’épreuve reine, que j’arrive à La Rochelle ce samedi 23 novembre. L’hôtel que nous avons choisi avec Laurent est idéalement placé, sur le Quai Valin. Pas de stress inutile, tout est prévu : à peine 10’ pour nous rendre au Village à l’Espace Encan ou sur la ligne de départ Quai Maubec et guère plus pour y retourner prendre une douche après notre arrivée. Ca fait aussi partie de la prépa’ la logistique !  Nous récupérons les dossards en milieu d’après-midi et restons un moment à discuter avec les ami(e)s. L’ambiance est particulièrement détendue et chaleureuse. Retour ensuite à l’hôtel pour préparer la tenue et se reposer avant une soirée « Pasta Party » au Village. Le soir venu, nous sommes accueillis comme des rois – haie d’honneur et sous les applaudissements – par des bénévoles débordant de gentillesse et de disponibilité. Les Rochelais savent recevoir, croyez-moi ! Cet état d’esprit ne vacillera pas d’un pouce de tout le WE. La fête est encore plus belle grâce à eux… Extinction des feux vers 23h après un match de rugby soporifique et des projets plein la tête pour le lendemain.pasta101

  • Le jour J

Réveil 7h00 ce dimanche matin. Quel luxe ! Le départ est à 9h et ce délai de deux heures est largement suffisant pour la douche, le p’tit déj (gâteau énergétique et digeste) et le trajet pour nous rendre sur la ligne de départ. Côté météo, c’est très favorable pour une fin de mois de novembre en bordure d’océan. Il fait frais, 5°C, mais pas de pluie et un vent ne soufflant pas trop fort. Et quand on sait que le soleil a prévu de s’inviter à la course, cela donne une perspective disons… intéressante. Moi qui hésitais depuis une semaine sur la tenue et qui avais emmené plusieurs options possibles, mon choix est maintenant fait : cuissard en bas et 2 couches manches courtes en haut. Alea jacta est.

– 0-5km : 22’55 (4’35/km)

Parcours Marathon de La Rochelle 2013

Parcours Marathon de La Rochelle 2013

9h00. Départ en simultané de toutes les courses : rue Albert 1er pour le 10K, Quai Maubec pour les 2/3 du peloton du marathon (séniors et vétérans 1 hommes) et Quai Louis Prunier pour le dernier tiers (féminines, Vétérans 2,3 et 4 et les Duo). Ce double départ pour le marathon rend plus fluide et plus rapide le franchissement de la ligne ; le point de rassemblement des deux pelotons étant fixé au 3,3km de course. Nous sommes 5000 participants sur la distance mythique. Installé dans le sas rouge (3h-3h20), je mets 15 secondes pour passer la ligne. C’est top. Ça joue un peu des coudes mais rien de bien méchant. Même si nous sommes tous un peu serrés par l’étroitesse de la chaussée pour un tel peloton, il est assez facile de prendre rapidement son rythme de croisière après 500m de course. Assez rare pour être signalé : les coureurs inscrits dans ce sas semblent sur un objectif cohérent car personne ne provoque de ralentissement par une allure inadaptée. C’est franchement appréciable…

Mon départ est prudent, comme prévu. Laurent n’est pas loin et je viens de saluer Stéph parti juste devant. Chacun est dans sa course. J’arrive à la jonction des 2 pelotons en une quinzaine de minutes. Je jette un œil à gauche pour voir si Dare (relais 1 de son duo avec Hélène) est dans les parages puis poursuis seul sur le Bd Winston Churchill.

– 6-10km : 22’37 (4’31/km)

Je suis préoccupé depuis le départ par le meneur d’allures 3h15. Il est parti devant moi et je n’arrive pas à le doubler. Je sais que je suis prudent mais quand même ! A 4’31/km, je ne fais que stabiliser l’écart entre nous. Il a au moins 2’ d’avance sur sa cible. Hormis ça, tout va bien. Nous sommes sur une portion protégée du vent et la météo est vraiment clémente. En revanche, je note pour le second passage tout à l’heure cette petite côte au niveau du Parc de Mireuil susceptible de casser les pattes à l’approche du dernier tiers de course. Passage au 10K : 45’32.

– 11-15km : 22’27 (4’29/km)

Je peine toujours à doubler le meneur. Je commence à m’énerver et fais l’erreur d’accélérer pour enfin passer le groupe. Erreur car dans un jour de méforme, ce changement de rythme m’aurait été fatal. Heureusement, aujourd’hui je suis bien et je ne vais pas payer cash cette impatience. Mais à 4’29/km, il est toujours sur mes talons le bougre. Que fait-il ? Veut-il finalement emmener son groupe en 3h10 ? J’ai du mal à comprendre sa gestion de course alors que j’ai habituellement un grand respect pour ces coureurs dévoués à leur cause. Il est d’ailleurs le sujet principal des brefs échanges que je peux avoir ici ou là. Conséquence, en cherchant à le distancer, je suis légèrement trop rapide. Je décide de me remettre dans ma bulle et stabilise le rythme. Passage au 15K : 1H07’59.

– 16-20km : 22’39 (4’31/km)

18718754Les ravitos se passent parfaitement. Ne maîtrisant pas du tout la technique du « pinçage de gobelet », j’ai pour le moment toujours pu dégoter une bouteille de 33 cl tendue par nos fabuleux bénévoles en fin de table. Par ailleurs, à chaque passage de tapis, une estimation du temps final nous est proposée. L’organisation de ce marathon est vraiment bien pensée.

– 20-25km : 22’39 (4’31/km)

Passage au semi : 1h35’38. Quai Valin, je reçois les encouragements de Gianny puis de ma famille. Le public est nombreux à cet endroit. On sent même toute la ville derrière ses marathoniens. C’est un régal de figurer parmi ce peloton et de fouler ces routes. Je suis depuis le 16ème km dans une allure très régulière, à 4’31/km. Les jambes sont légères et je suis bien dans mes pompes. A ce sujet, j’ai opté pour les Saucony Cortana 3, une chaussure polyvalente et confortable au drop réduit de 4mm. Je sais qu’elles me seront bien utiles lorsque ma foulée médio-pied va commencer à se dégrader vers le 25-30ème km. A aucun moment, je ne vais regretter ce choix. J’aborde donc la 2nde boucle avec sérénité. Le vent frais de saison s’est quelque peu levé mais le soleil est bien là, juste au-dessus de nos têtes. Passage au 25K : 1H53’17.

– 26-30km : 22’27 (4’29/km)

Nous sommes à l’approche du dernier tiers de course, celui au cours duquel tout se fait ou tout se paie ! Revoilà le Parc de Mireuil. Effectivement, on sent que ça grimpe mais rien d’insurmontable, loin de là. A la fin de cette montée, je repense à mon dernier marathon, à Paris en avril dernier, couru en negativ split. Que faire ? Prendre le risque d’accélérer ou maintenir l’allure ? Après un temps d’hésitation, je penche finalement pour la 1ère option. Qui ne tente rien… Passage au 30K : 2H15’44.

– 31-35km : 21’45 (4’21/km)

J’ai vraiment changé de rythme maintenant. Mais je ne regarde plus trop ma montre, me fiant davantage aux sensations. Erreur… Au lieu d’adopter une accélération douce et progressive, je cours dorénavant près de 10s plus vite au km. Je revois ma famille sur le bord de la route. Ça fait du bien. Gianny est là aussi tout comme Bernard qui a fini son 10K. Je lui avais demandé la veille de me crier son temps dès qu’il m’apercevrait. « 42’57 !!! ». Génial, il le tient son nouveau record. Tout ça me booste alors que se profile la dernière boucle à proximité du Port des Minimes. Passage au 35K : 2H37’29.

– 36-40km : 23’37 (4’43/km)

Aux abords de l’Université, les choses se compliquent. Bon nombre de coureurs sont dans le dur et le vent semble encore plus fort, plus froid et de face. Réalité ou illusion ? Peut-être un peu des deux. Dans tous les cas, je ne suis pas au mieux. Les jambes se sont durcies et je sens que le moindre geste non maîtrisé pourrait provoquer crampes et douleurs. Le rythme a considérablement réduit mais je n’ai pas l’intention de lâcher. Hors de question ! Je n’ai aucune fluidité, talonne comme un malpropre, les épaules sont lourdes et tendues mais je cours toujours alors que l’on commence à entendre au loin la voix du speaker annonçant les temps d’arrivée. Passage au 40K : 3H01’06

– 41-42.195km : 10’25 (4’44/km)

copie 18763300Le sprint final est lancé. Dans la foule, je vois Pierre, autre membre de la TMC. Ses encouragements me relancent. Je vais le chercher mon RP, je vais le chercher… Le tapis bleu, la Tour St Nicolas, les doigts levés vers le ciel pour remercier celle qui me soutient depuis toujours. Temps final : 3H11’31.

  • Le bilan

Place au général : 507/4919

Place catégorie SEH : 189/1327

Allure moyenne : 4’32/km

Vitesse moyenne : 13,22 km/h

Positiv split : +15 secondes (1er semi : 1h35’38 / 2ème semi : 1h35’53)

Médaille 22- Semi marathon de La Rochelle 2013Les copains arrivent peu de temps après, écrasant tous leur record sur la distance. Nous sommes comblés. Je loupe de peu le negativ split, la faute probablement à cette accélération trop brutale au 30ème. Mais je n’ai aucun regret. 5’ de moins que mon ancienne marque me va parfaitement. En plus, avoir un objectif entre 3h10 et 3h13 et finir à 3h11’31, je crois pouvoir dire que c’est du pile poil.

Cette sublime aventure marque la fin d’une saison sportive 2013 riche en expériences de course et en partage. Ce n’est sûrement pas un hasard si elle correspond à l’année de naissance de l’équipe à laquelle je suis fier d’appartenir : la Team Marathon Connection.

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16 réflexions sur “Marathon de La Rochelle – 24 novembre 2013

  1. Bravo Renaud ! Un joli 3h11 qui fait bien rêver et que j’ai partagé avec toi en lisant ton récit ! Il m’a donné envie de revivre cette si belle expérience du marathon !
    Bonne récupération maintenant et sûrement à bientôt lors d’un footing 🙂

    • Sandrine, avec ton nouveau record sur semi, le rêve pourrait devenir bientôt une réalité! Merci et au plaisir de te croiser prochainement sur notre terrain de jeu préféré.

  2. Bravo !
    c’est toujours agréable à lire un récit de course quand tout se déroule sans accro 😉
    Sur un malentendu, tu aurais presque pu viser 3h10…
    Mais pourquoi faire une obsession avec le meneur d’allure ? il est équipé comme toi de jambes et d’un chrono gps 😉
    Tu m’as fait peur sur le coup. La bonne prépa à payé aussi à ce moment !
    Vivement Paris ?

    • Merci Julien!
      Pour le meneur, je craignais surtout que tout le peloton qu’il emmenait avec lui décélère d’un coup et que je sois pris dedans. Ce qui s’est d’ailleurs passé quelques km après l’avoir doublé… Quant à son gps, je ne sais pas quelle marque il utilisait mais je la déconseillerais 😉 Mais tu as raison, j’ai failli faire la boulette!
      Oui, vivement Paris avec la barre des 3h10 en ligne de mire…

  3. Pingback: Marathon de Paris – 6 avril 2014 | maCAPdam

  4. Pingback: Marathon de La Rochelle – 27 novembre 2016 | maCAPdam

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